Un plancher qui craque n’est pas une fatalité

par Denis Linteau |

Techniquement, un plancher est une surface qui joue un rôle porteur et qui fait partie de la charpente d’une maison.

Le plancher est constitué d’un assemblage de solives sur lequel des panneaux de contre-plaqués ou des planches sont fixés.

C’est le revêtement de finition qui peut être en bois franc : le parquet. On pense souvent qu’un parquet est synonyme de craquements.

Ce n’est pas nécessairement le cas et souvent, ces craquements proviennent d’ailleurs.

 

Vibrations et grincements : quand le plancher bouge trop

Un plancher de bois franc qui fait du bruit lorsque l’on marche dessus, ça peut être énervant. Parfois même, la valeur de la maison ayant des planchers qui craquent peut baisser à cause de ce problème… qui n’inspire pas confiance.

Heureusement, il est possible de corriger la situation. L’idéal est de s’en remettre à l’expertise de professionnels dont le métier est de poser ou de remettre à neuf des parquets.

Un « plancher qui craque » est en fait un plancher qui émet des grincements, soit des bruits résultant de la friction entre des planches, des lames ou d’autres pièces constitutives du plancher.

Cette friction engendre des vibrations, plus ou moins grosses selon les jeux présents, d’où les sons émanant du plancher.

Il est donc nécessaire de bien identifier les endroits qui posent problème, c’est-à-dire là où les pièces de bois « bougent », avant de vouloir corriger la situation.

 

La pose du parquet est décisive

Le parquet, le sous-plancher et la structure correspondante peuvent être en cause lorsqu’il y a des grincements. Tenons-nous-en au parquet pour commencer.

Les planchers de bois franc traditionnels sont faits de lattes, aussi appelées planchettes, d’une largeur de 2 ou 3 po et d’une épaisseur de ¾ po.

Ce sont ces lattes que nous sablons, teignons, vernissons ou huilons chez Sélection Bois Francs quand les maisons ont un certain âge.

Quand il s’agit de résidences plus récentes, les remises à neuf touchent plutôt des planchers prévernis qui sont faits en usine.

Dans les deux cas, les parquets qui n’ont pas été posés dès le départ par des installateurs compétents sont ceux qui ont le plus de problèmes de craquement.

Pourquoi? Simplement parce que seuls des experts savent ajuster leurs techniques et leur méthode d’installation en fonction de la réalité de la maison et de sa construction.

Par exemple, l’épaisseur et le type de sous-plancher (planches, plywood, etc.) ou la distance entre les solives peuvent avoir une influence sur la façon dont le revêtement sera posé.

 

Humidité : un facteur déterminant

Pendant et après la pose d’un parquet, différents facteurs sont eux aussi à surveiller.

Ainsi, le taux d’humidité du bois formant le sous-plancher a un impact sur le revêtement choisi tel que le merisier, le frêne ou le chêne, et ce, même si les lattes posées ont le bon taux d’humidité, soit entre 6 % et 10 %.

Un sous-plancher trop humide, soit de plus de 12 % d’humidité dans le bois, transmettra son humidité aux lattes, lesquelles auront tendance à gonfler par la suite.

Le taux d’humidité ambiant dans la zone où se font les travaux a la même conséquence s’il est trop élevé.

C’est pourquoi, à la pose du plancher comme ultérieurement, le taux d’humidité maximum dans une maison ne devrait jamais dépasser 45 %.

Dans le cas d’une maison neuve, les solives et le sous-plancher relâcheront leur humidité durant quelques années après la construction. C’est un phénomène normal.

Une fois ces pièces relativement asséchées, les attaches fixant les lamelles ou les planches de bois franc peuvent devenir moins efficaces.

Manque de fixité, friction et donc grincements sont alors possibles lorsque des personnes marchent sur le parquet.

Il est donc très important de contrôler le taux d’humidité et la température dans la maison sur une base régulière.

À la longue, si le bois franc est plus humide que le sous-plancher, de plus ou moins 5 %, cela amène une contrainte en déformation sur les planches.

C’est à ce moment qu’elles finissent par bouger et par faire du bruit. L’idéal est d’éviter les trop grands écarts et de conserver les conditions idéales c’est-à-dire 20-23 °C et 35-45 % d’humidité.

 

Des correctifs variables

Les problèmes de craquement ne sont pas tous de la même ampleur. Il est parfois possible de réduire considérablement le bruit en appliquant quelques petits trucs simples.

Par exemple, si votre beau plancher en érable commence à se faire un peu entendre, faire pénétrer de la poudre pour bébé entre les planches qui grincent est une solution efficace. Le bruit cessera tout de suite !

Par contre, si « ça craque beaucoup » et que votre saupoudrage ne donne rien, des correctifs plus importants seront requis.

Il se peut que vous deviez alors confier à des experts le soin d’enlever et de reposer certaines lames de bois franc, voire tout le parquet.

Des vis pourront y être mises ici et là, soit par le dessus (leur tête est ensuite recouverte d’un mastic imitant le bois) ou par le dessous (les vis ne doivent pas transpercer le bois franc).

Chez Sélection Bois Francs, lorsque nous posons un parquet ou que nous réparons une section de plancher avant de le sabler et de le vernir, nous utilisons des clous spéciaux plutôt que des agrafes.

La raison est simple, cette technique permet d’assurer une plus grande stabilité.

Quant aux attaches, il faut les disposer à tous les 6 à 8 po, avec un minimum de deux par latte et éviter de fixer des attaches à moins de 2-3 pouces à leurs extrémités.

Un autre aspect non négligeable : l’ajustement de la force du marteau pneumatique durant l’installation.

Avec une pression d’air trop élevée, les attaches seront enfoncées trop profondément dans la languette et une pression excessive sera imposée au bois franc.

Pour ajuster leur marteau pneumatique, nos artisans tiennent compte de la dureté du bois et du type de sous-plancher.

 

Problèmes de structure

Un parquet sonore peut aussi se corriger en réparant le sous-plancher par le dessus. Une fois le bois franc enlevé, des planches ou certains panneaux de contre-plaqué sont alors à revisser.

S’il s’agit de vieilles planches d’épinette, il faudra peut-être toutes les enlever et les remplacer par un contre-plaqué subfloor de 3/4 de pouce d’épaisseur.

Du coup, il importe de vérifier la pente du plancher et d’ajuster au besoin. D’ailleurs, celle-ci ne doit pas dépasser 3/16 de pouce sur 6 pieds.

Notez aussi que s’il est nécessaire de reposer tout le parquet, un espace libre devra impérativement être présent près des murs, sous les moulures de finition.

Cette technique permet l’expansion cumulée des lattes durant les périodes où il y a peu, ou pas de chauffage dans la maison. Un papier noir pourra avoir été mis entre le sous-plancher et le parquet.

S’il y a de bonnes raisons de croire que le « mou » vient de la structure, une solution possible est de renforcer les solives en fixant sur chacune une pièce de bois, vissée et collée.

L’ajout de contreventements, également appelés croix de Saint-André, et/ou d’entretoises en acier peut aussi empêcher les déformations des solives.

Pour terminer, je souhaitais vous rappeler que plus l’espacement des solives est grand (il doit être au maximum de 19 po), plus il y a de risques que le parquet bouge et, par conséquent, qu’il produise des craquements.

Évidemment, un sous-plancher trop mince accentue le phénomène et c’est notamment l’une des raisons pour lesquelles il est bénéfique d’en sélectionner un de bonne qualité.

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